Entre Chili et Argentine, un nouveau pas... haut dans les Andes !

Entre Chili et Argentine, un nouveau pas… haut dans les Andes !

La transition entre Bolivie et Chili est bien marquée. A peine les rudes pistes de haute altitude quittées, une folle descente de 40km sur du bitume nous attend qui nous fait passer de 4600m à 2400m d’altitude. Cette route qui relie également l’Argentine au Chili via le Paso de Jama est dévalée en une petite heure et nous atteignons San Pedro de Atacama ville-oasis au milieu du désert d’Atacama, considéré comme l’un des plus secs du monde. Nous revoici donc à une altitude « décente » après les 3 derniers mois passés quasiment en continu à 4000m, et enfin avec des températures clémentes.

Sur la place du village on ressemble certainement à des extraterrestres tout juste débarqués de la planète Sud Lipez : emmaillotés sous nos 4 couches de vêtements, bonnets et gants de ski aux mains, recouverts de poussière…et une faim d’ogres ! Mais on a le smile, enfin le retour à la civilisation !

Quand les franchutes redécouvrent la ville !

Et nous revoici dans une ville « à l’occidentale », car très touristique, ce qui, au sortir du Pérou et de la Bolivie va bien nous convenir pour quelques jours à se requinquer. En effet, ici ça foisonne de bars, de boutiques bien achalandées, de restaus et même d’une boulangerie française, « La Franchuteria » qui propose baguettes, croissants (dont l’un au jambon serrano et fromage !!!!) et pains au chocolat !

Nous sommes accueillis chez Carlos, warmshower le plus célèbre du Nord Chili puisqu’il accueille depuis près d’un an tous les cyclistes qui se préparent pour ou qui reviennent du Sud Lipez ! Carlos est en train de construire sa future maison qu’il souhaite ouvrir à tous les cyclos, une nouvelle « Casa De Ciclista » en projet ! Nous y rencontrons les cyclos drômois Mariette et Benjamin qui arrivent du Sud et que l’on finit de convaincre de se lancer dans la Ruta de las Lagunas ! Eh oui c’est aussi ça la Casa de Carlos, échanges d’informations, étude de cartes et prise de température pour se lancer dans la grande aventure…

Pour recharger nos batteries et que nos amis fassent le plein de calories on s’envoie un repas et un petit-déj’ gargantuesques…Quel plaisir pour nos papilles qui n’ont plus connu de telles saveurs depuis…depuis…ah on ne sait même plus ! On enchaîne avec pizzas, poulet-frites, puis frites-poulets, glace, bière au bar, re-pizza…bon bref, on se lâche un peu, peu importe le budget même si ici tout est incroyablement cher…en comparaison avec la Bolivie et le Pérou notamment.

Le côté hypra-touristique du coin et les 3-4 derniers jours qui ont passé a toute allure nous remettent  en selle rapidement, et comme la région d’Atacama recèle bon nombre de sites à visiter, pourquoi pas faire une petite boucle avant de reprendre la « vraie » route.

Sado-Cyclo-Maso-Tour-iste

Le Sud Lipez ne nous ayant pas rassasié de grands espaces nous prenons la direction du nord de San Pedro, vers les fameux geysers du Tatio situés à 80km. Nous nous embarquons néanmoins plus légers (quelques affaires sont restés chez Carlos notre amphitryon de San Pedro) sur une route parallèle à celle des Lagunes côté Bolivien, pour voir l’envers du décor, n’est-ce-pas ? Toujours avec le Licancabur et autres volcans fumants en toile de fond et avec une piste sablonneuse en tapis de sol, nous reprenons de l’altitude. C’est peu de le dire… en 65km nous revoici à 4500m, certaines côtes excédant les 10% sur plusieurs hectomètres, et le froid au petit matin nous saisit et nous replonge dans nos souvenirs récents.

Nous profitons d’un bain nature bien chaud et du spectacle offert par les geysers à l’aube. Le site est immense, plus de 11% des geysers recensés dans le monde sont ici ! Nous poursuivons notre boucle vers l’Ouest, nous éloignant peu à peu des remparts andins, pour nous enfoncer dans le désert d’Atacama accompagnés par un vent qui forcit. Poussière et sable forment un voile opaque nous empêchant de voir au loin. Le village de Chiu-Chiu constituera une agréable petite halte pour goûter au queque de zanahoria (gâteau de carottes) spécialité locale liée à la production de carottes provenant de la vallée-oasis qui traverse le village. On longe également la plus grande mine de cuivre à ciel ouvert du monde, celle de Chuquicamata, aux abords de Calama, immortalisée dans le film Diario de Bicicleta par le passage du « Che » Ernesto Guevara ! Apparemment les conditions de travail se seraient améliorées…

Ces 6 jours dans le désert s’achèvent par la traversée matinale de la Vallée de la Lune – Valle de la Luna qui jouxte San Pedro. Avec une pleine lune qui cède peu à peu sa place au soleil et un site déserté, nous flottons sur une piste de sel et traversons des sites réellement lunaires : dunes dignes de celle du Pilat, formations rocheuses aux textures et formes multiples, canyons ocres… Seul un petit-déj’ baguette-croissants pourra nous faire retomber sur terre ! D’autant que demain, le voyage reprend vers le Sud…

Et si on traversait à nouveau les Andes ? Otro paso…Sico !

… enfin, le Sud, ou plutôt l’Est pour rejoindre le pays qui partage plus de 5000 km de frontière avec le Chili. Vous l’aurez deviné, la prochaine étape est l’Argentine. Et cela implique … ? Vous l’aurez également deviné : une nouvelle traversée des Andes. Oui car ce n’est pas que nous n’aimions pas le Chili – déjà deux incursions de quelques jours seulement à chaque fois – mais cette région du Nord est désertique, aride et nécessite de descendre jusqu’à la Côte Pacifique sans réel intérêt selon nous. Nous optons pour plus de montagne et surtout un côté nord-argentin dont on nous parle depuis la Colombie, riche culturellement (Histoire, gastronomie, viniculture…) et avec des paysages grandioses.

Après avoir dévalé au sortir de la Bolivie sur à peine 40km la route menant au Paso de Jama, nous n’avions pas vraiment envie de revenir sur nos pas d’autant que dans l’autre sens la montée nous avait semblé horrible même si l’état de la route est bon. Nous privilégions donc un passage plus au Sud et plus sauvage, les routes étant majoritairement des pistes : le Paso Sico. A croire que nous ne sommes pas encore rassasiés…

Cette route qui s’élève au cœur de la cordillère andine traverse de petites enclaves d’une réserve naturelle – de los Flamencos – et borde plusieurs lagunes aux couleurs et à la faune enchanteresses. Six jours quasiment désertiques seront nécessaires pour effectuer les 320km séparant San Pedro de San Antonio de los Cobres côté argentin, en passant par les lagunes de Miñiques et Miscanti, des salars (Aguas Calientes, del Rincon), des cols à 4600m et un poste frontière côté argentin complètement neuf et sur-équipé pour un trafic journalier presque inexistant. Au moins ces infrastructures devraient pouvoir servir aux cyclos de passage qui peuvent y passer une nuit au chaud, avec douche chaude, cuisine et…Internet ! De bon augure pour la suite de l’Argentine ?

La piste côté argentin s’avère un peu monotone, la tôle ondulée et le vent, nos plus fidèles compagnons, terminent de ruiner notre moral, heureusement un couple de nandous (l’autruche andine aussi appelée Suri) égayera notre franchissement de frontière en piquant un sprint qui aurait cloué sur place l’ami Flash-Bolt !

San Antonio de los Cobres première « grande » ville argentine perchée à 3700m et où nous passons quelques jours de récup’ nous accueille à la mode andine. Ville minière, austère et venteuse, nous prenons notre premier contact avec la vie argentine et avec le mode de vie local et sommes surpris de retrouver ici plus de similitudes avec les peuples de l’altiplano péruvien ou bolivien qu’avec ce que nous avions imaginé comme une culture plus européenne. Ici le peuple très majoritairement indigène a su préserver ses traditions et son savoir-faire.

Depuis la chambre de notre hôtel, nous rêvons de verdure, un carré d’herbe grasse pour planter notre tente et de grands arbres, de chaleur et de bonnes grillades à la mode argentine accompagnées d’un verre de vin…bientôt peut-être mais il nous faudra encore un peu de patience !

L’el dorado argentin ?

L’Argentine résonne dans notre esprit comme une étape clé de notre voyage, un peu à l’instar du Pérou. Sa richesse culturelle, gastronomique et ses paysages grandioses nous attirent depuis longtemps.

Eh bien voila, nous y sommes, mais cela revêt aussi une saveur un peu particulière, car c’est déjà le dernier pays que nous allons sillonner, avec le Chili bien sûr en zig-zaguant de l’un à l’autre. L’impression d’avoir « couru » nous gagne un peu, même si cela fait déjà presque 9 mois que nous sommes sur les routes. Il nous en reste maintenant 6 pour parcourir les 5000km qui nous mèneront au « bout du monde ». Nous allons donc pouvoir profiter pleinement de ce binôme Chili-Argentine en essayant de nous « pauser » un peu plus fréquemment, trouver des volontariats ou encore randonner et rouler avec amis et famille qui vont venir faire un bout de chemin avec nous ! A bon entendeur !

D’ailleurs, pour faire durer le plaisir, on vous embarquera dans notre prochain article dans un de nos sempiternels détours un peu au Nord de cette Argentine authentique et sauvage !

Viva Argentina !!!

Viva Argentina !!!