Mythique Ruta Nacional 40

Mythique Ruta Nacional 40

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L’Argentine, c’est plus de 5000km (5301 pour les puristes) du Nord au Sud. Une route, touristique, mythique et que tout argentin rêve de parcourir de part en part une fois dans sa vie permet de rejoindre La Quiaca, à la frontière avec la Bolivie, à Rio Gallegos, dernière ville avant de devoir passer coûte que coûte par Chili pour rejoindre la Tierra de Fuego et Ushuaia. C’est la Ruta Nacional 40, une route qui serpente le long de la Cordillère des Andes, traverse de nombreuses provinces, parcs nationaux et paysages incroyables, de la Puna (hauts plateaux) à la pampa en passant par les lacs féériques au pied des sommets aux neiges éternelles.
Nombreux sont les motards qui la parcourent, d’autres préfèrent la voiture ou le bus, des fous la sillonnent à vélo, et d’autres fous encore plus fous que les cyclos se lancent le défi de la parcourir à pied voire en courant (voir le projet de Rodolfo Rossi, Corre40)…

Et pour ne pas déroger à la règle des cyclos-voyageurs en Amérique du Sud, nous allons la longer pendant de nombreux kilomètres. D’autant que nous avons maintenant un objectif, rallier Mendoza, capitale du vin argentin, non pas pour faire le tour de toutes les caves, mais pour y retrouver Mathilde, qui va débarquer pour faire un bout de route avec nous. Le compte-à-rebours a débuté, depuis Salta jusqu’à Mendoza nous avons plus de 1500km à avaler en 25 jours !

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Notre première rencontre avec la Ruta 40 se fera au km 4506. Le chemin s’annonce long !

Le tracé de cette route dans le Nord est réputé pour présenter de (très) longues lignes droites et traverser des paysages qui peuvent sembler monotones ou redondants, désertiques, et les villages distants de plusieurs dizaines de kilomètres.

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Devant …

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… derrière. L’infinité rectiligne qui se perd dans l’horizon montagneux.

D’aucuns nous avaient prévenus sur ces aspects-là, mais, avec du temps devant nous, des jambes qui fourmillent, et un printemps agréable en toile de fond, nous souhaitions nous faire notre propre opinion. On trouve des occupations comme chercher désespérément la borne 4040 sur la Ruta 40, ou la 4000, mais étrangement elles ont toutes disparues, on a aussi des événements à fêter comme nos 10 000km !

10000 au compteur

10 000 au compteur !

10000 sur la 40

10 000 sur la 40 ! Seuls au monde !

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Prendre le toro par les cornes !

Et prendre la bonne direction...

Et prendre la bonne direction…

A vrai dire, nous n’avons pas été déçu de notre choix. En profitant de tous les petits plaisirs que nous ont offerts cette Ruta 40 tout au long du trajet, le temps est passé rapidement et les rencontres ont été très chaleureuses, témoignant de l’authenticité et de la gentillesse des argentins du Nord-Ouest.

loros compagnons de route

Nos fidèles compagnons de route, les petits perroquets qui volent toujours en couple, connus comme « el Loro Barranquero » (ou Conure de Patagonie).

petits plaisirs rencontrés sur la route

N’en déplaise aux isérois, on est ici dans une région hautement nucicole ! La pâte de coings nous est également utile pour nos longues étapes sous la cagne.

nueces

Excellente la noix, bien charnue et croquante !

oliviers

Un petit air de Provence, ou d’Andalousie, au milieu des oliviers !

Les villages sont comme des oasis le long de cette route 40. Parsemés chaque 50-70km, souvent le long d’une vallée étonnamment verdoyante grâce à un système d’irrigation datant des incas, chaque ville, à l’ombre de ses cyprès, nous livre son lot de belles rencontres.

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Après la belle découverte du vin d’altitude, blanc sec et fruité Torrontés, nous nous approchons des terres Mendocines du Malbec et Cabernet Sauvignon. Mais en chemin, les vignobles ne manquent pas et nous goûtons, en faibles connaisseurs, les vins locaux.

Toujours penser à bien arroser d’un vin local nos repas ! Ici un petit rouge Syrah de La Rioja (Chilecito).

Notre autre ami de la Ruta 40, c’est Grido ! Il est de toutes nos pauses urbaines ! Faut dire que la glace au Dulce de Leche Con Brownie, Nueces etc etc ne coûte pas un radis !

On s’occupe aussi avec ce qui nous entoure sur cette Ruta 40, et ce ne sont pas les distractions qui manquent !

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Qu’est-ce donc que la Difunta Correa ? Gauchito Gil ? San Expedito ? Tout au long de la route, des autels vouant un culte à ces trois personnages nous ont surpris, interpellés. S’agit-il de lieux où des familles viennent se recueillir sur des accidentés de la route ? Oui et Non ! La Difunta Correa par exemple est surtout cette bonne femme, morte de soif en suivant à pied une troupe argentine à proximité de San Juan, et dont le nourrisson aurait survécu en continuant à téter. Des vertus miraculeuses lui auraient ensuite attribuées et elle aurait été élevée au rang de Sainte par les populations. Du coup, désormais, des sanctuaires sont érigés tout au long de la route et des offrandes lui sont faites, notamment des bouteilles d’eau, soi-disant pour épancher la soif de la défunte…ou des cyclo-voyageurs qui se retrouveraient en situation de déshydratation avancée ! Nous on pense aussi que c’est un moyen de se débarasser de tous ses déchets !

dinosaures de talampaya

Aux portes des temps préhistoriques à Villa Union, proche du parc Talampaya.

Villa Union aura aussi été le théâtre d’une expérience assez spéciale. Le 17 septembre, on plante la tente tranquillement dans un petit parc, on dîne, on boit une petite bière, et d’un coup tout se met à tanguer autour de nous ! La fatigue, la chaleur, l’effet de la bière ? Au bout de quelques très longues secondes, on se rend compte qu’il s’agit en fait d’un tremblement de terre, et qu’étant donnée la longueur et la puissance du truc, il doit se passer quelque chose de plus important proche de l’épicentre. On apprendra plus tard qu’un tremblement de terre d’une magnitude de 8,3  a secoué les côtes chiliennes ce qui nous contraindra à modifier nos envies de passer au Chili rapidement, une alerte de répliques et de tsunami étant décrétée.

Alors on continue notre route vers Mendoza, en se déviant un peu de la Route 40 pour être au plus proche des montagnes et qui sait, entrevoir le colosse des Amériques, l’Aconcagua ! On devient même les stars du village de Barreal le temps d’une émission radio en direct.

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D’ailleurs, le vent, il nous suit aussi gentiment depuis notre entrée en Argentine, parfois favorable, mais pas souvent quand même, et souvent de face ou latéral ! Mais le pire de tous les vents, c’est le Zonda, un vent très chaud et sec provenant des côtes chiliennes, provoqués par les tempêtes sur le Pacifique et qui vient souffler en bourrasques pendant quelques jours et qui rend la progression en vélo très compliquée lorsqu’il se lève et qu’on l’a pleine bille !

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Le vent forme des tornades parfois impressionnantes sur notre chemin !

A l’approche de Mendoza, et en gagnant un peu d’altitude, le temps se rafraîchit à nouveau, le printemps semble se terminer pour laisser à nouveau place à la fin de l’hiver.

où est donc l aconcagua

Où se cache l’Aconcagua ?

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Notre course contre la montre et le vent s’achève à Mendoza, on est fourbus, mais contents ! Mathilde ne va pas tarder à arriver et nous sommes accueillis fort agréablement par une belle famille ! Chez Lila et Fede et leurs quatre filles, on va pouvoir se ressourcer et préparer la suite du voyage. Nous laisserons pour l’occasion de la venue de Math la plume à notre coéquipière pour le prochain article !

Bonne lecture les Cyclotoupiphiles !