après 2 jours de marche on y est !

Une reprise en beauté : à la découverte du dernier bastion des Incas

Les parents repartis, nous voici de retour à Cusco où nous récupérons nos vélos et changeons de logement le temps de la réflexion : que faisons-nous ? où allons-nous ? En effet, il serait simple de repartir illico sur les routes, direction la Bolivie par exemple, qui doit être le prochain pays sur notre itinéraire prévisionnel. Autrement dit, nous repartirions sur la même route empruntée Aller/Retour en bus vers Puno et le lac Titikaka, et en moins 10 jours nous dirions Hasta la Vista Perucito y Peruchos ! Trop simple ! Nous avons encore envie de Pérou, ce pays est tellement vaste et riche que nous voulons en profiter. Mais alors comment ? et que faire ? Nous avons notre petite idée que nous allons échafauder en profitant encore de Cusco.

Semaine farniente à Cusco

Cusco rime avec tourisme de masse, vie plus chère que partout ailleurs dans le Pérou, mais, en proie à une petite motivation quant à notre nouveau départ, nous avons élu domicile dans une petite auberge sans prétention, la Estrellita. A quelques encablures du centre, l’endroit connu par le bouche-à-oreille est un vrai repaire de cyclos, motards, mochileros, et autres voyageurs en tout genre, et présente l’avantage d’offrir toutes les commodités pour un prix plus qu’acceptable pour ici. Du coup, on y a passé une semaine complète à faire des rencontres : de cyclistes, les uns remontant vers le Nord, les autres terminant leur périple ; d’un chercheur italien en anthropo ; de gens plus énigmatiques ; de routards au long cours ; et même d’une famille de compatriotes, en vadrouille pendant 6 mois à travers l’Amérique du Sud avec les 3 enfants qu’il faut motiver pour faire les devoirs…Bref, tout plein de gens avec des expériences différentes, d’horizons différents avec leurs anecdotes et leurs bons plans.

Pour notre part, cette semaine se résume à vivre Cusco différemment, soit autrement que touristiquement. C’est ainsi que nous profitons de l’occasion pour préparer une conférence sur l’usage du vélo en ville, conférence que nous donnons à l’Université de Cusco (UNSAAC) devant plus de 70 étudiants, professeurs et acteurs de la promotion du vélo à Cusco.

Par ailleurs, la proximité de notre hébergement avec une boulangerie où sont produits du bon pain et des viennoiseries comme cela fait maintenant 6 mois que nous n’en avons goûté nous interpelle. Nous rencontrons l’administratrice qui ne pouvait être que française et qui nous explique l’ensemble de son projet dénommé Qosqo Maki (lire l’article à venir) qui est bien plus que celui d’une « simple » boulangerie. Nous passons donc une journée à travailler sous les ordres d’un jeune cusqueño  de 17 ans pour apprendre à faire le bon pain français ! Un comble !

Les jours passent et après ces belles expériences, la motivation pour reprendre la route se fait plus forte, les jambes fourmillent à nouveau, et l’envie de nouveaux horizons resurgit. Percy, qui a remis en état nos vélos dans l’atelier face à l’auberge, et qui nous a introduits auprès du professeur d’université pour réaliser la conférence, souhaite également nous accompagner pour nous faire connaître son village, sa famille et ses terres.

Nouveau départ vers le « Nord »

Mais, mais, mais, que se passe-t-il ? On rebrousse chemin ? Direction le Nord ? Eh oui, enfin non, pas tout à fait. Dans notre quête de Sud, il peut être parfois dans notre intérêt de ne pas suivre les chemins tout tracés. Pour quoi ? pour dérouter notre esprit souvent trop rationnel ? ou pour dérouter les nombreux cyclos qui en cette saison sont nombreux à converger vers Cusco et qui quand on les croise et qu’ils nous demandent : vous allez à Lima ? Vous partez  vers le Nord ? on leur répond Non ! non ! on va en Bolivie ! Alors là, ils ne comprennent plus rien ! (Si vous non plus, consultez notre carte !)

Enfin bon voila, on revient sur nos pas que nous avions ceci dit réalisés en bus, et nous marquons une première pause à Zurite, chez Percy, à 45km à l’Ouest de  Cusco. Juste ce qu’il faut pour une étape de reprise. Visite de la grange à Cuy (prononcez toujours Couilles !), chouette rando sur les hauteurs pour y découvrir d’autres vestiges incas nettement moins touristiques (telles les terrasses les plus longues du monde -  Andenes de Zurite) et retour à la casa par les magnifiques champs de quinoa aux mille couleurs ! Les 2 étapes suivantes, déjà bien plus exigeantes, pour ne pas dire à la hauteur de celles que nous nous « infligions » avant la pause, nous mènent à Cachora, village uniquement connu pour être le point de départ de la randonnée pour … Choquequirao

A la découverte du dernier bastion des Incas

Voici un site qui se mérite (pour le moment) et qui, surtout, mérite que l’on s’y rende. Prenez un sentier pédestre d’une trentaine de kilomètres (par sens), rajoutez-y une violente descente de 1600m de dénivelée accompagnée d’une remontée non moins violente de 1600m (et vice-versa pour le retour) à des altitudes oscillant entre 1500 et 3000m, saupoudrez le tout d’envahissants moustiques et mouches de sable, enfournez à 30-40°C, et vous voici rendus sur un des sites les plus incroyables du temps des Incas et surtout l’un des moins visités, vous aurez compris pourquoi.

On ne s’y bouscule pas au portillon, qui n’existe d’ailleurs pas encore, quoiqu’il faille s’affranchir d’un droit d’entrée (dont nous nous sommes acquittés à la sortie, logique toute péruvienne !). Sensation garantie à l’arrivée sur le site en mode « à la découverte de la cité perdue », nous ne devions pas être plus d’une vingtaine sur le site ce jour-là et le silence qui règne sur ce lieu accentue encore son côté mystique.

Stat’ édifiante, près de 50% des visiteurs sont des français…allez savoir pourquoi !? Goût pour la rando/trek ? Attrait pour les ruines ? Reportage de notre service public (Lien vers Faut pas rêver – Choquequirao la belle oubliée) sur ce site quasi inconnu il y a de ça quelques années qui nous avait alors convaincu à nous aussi d’y aller le jour où nous nous rendrions au Pérou ? Financements culturels français pour la mise au jour et l’entretien du site sous l’ère Chichi ? Sûrement un peu tout ça à la fois.

Quoi qu’il en soit, visiter le Choquequirao, le Berceau de l’Or, a été une expérience inoubliable : trois jours intenses de marche, être à l’écart du monde et du bruit, se retrouver tantôt au milieu des cactus, tantôt dans une oasis, toujours au pied des glaciers de la Cordillère de Salkantay, poser sa tente sous un ciel tellement étoilé qu’il semble vous écraser, apercevoir au loin les ruines qui semblent jouer les prestidigitatrices entre deux montagnes, puis essayer de s’imaginer la raison pour laquelle les Incas venaient s’installer dans des lieux si escarpés, si reculés, et surtout comment ? On a bien tenté de gravir les escaliers bien raides du secteur des Llamas – lamas – pour s’y croire un peu plus mais ne sommes pas parvenus à tout comprendre…

A notre retour, afin d’ingurgiter et d’assimiler ce voyage dans le temps, nous passons alors un jour de plus à l’auberge la Colmena – la Ruche – chez Luisa et Dayme adorables amphitryons que nous aiderons en travaillant un peu aux champs en échange d’excellents repas et de nombreuses information sur le site. Nous recommandons d’ailleurs cette petite adresse à tous les voyageurs de passage, c’est un havre de paix et une famille exceptionnelle.

De là, enfin, nous reprendrons tranquillement notre véritable rythme cyclistique et notre direction favorite : le Sud, mais toujours par des chemins de traverse.